vendredi 11 août 2017

René Leibowitz (1913–1972)





Ce billet B + B propose notre montage # 255. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Le B+B de cette semaine mettent en vedette le compositeur, chef d'orchestre, et théoricien René Leibowitz.

Formé jeune comme violoniste, Leibowitz a étudié la composition et l'orchestration avec Maurice Ravel et la direction avec Pierre Monteux au début des années 1930 à Paris, où il a été exposé à la technique dodécaphonique d'Arnold Schoenberg par le pianiste et compositeur allemand Erich Itor Kahn.

Beaucoup d’oeuvres de la Deuxième École viennoise ont été entendus pour la première fois en France au Festival international de musique de chambre établi par Leibowitz à Paris en 1947. Leibowitz a été très influent dans l'établissement de la réputation de la Seconde École, à la fois comme enseignant à Paris après la Seconde Guerre mondiale (en 1944, il a enseigné la composition et la direction à de nombreux élèves, y compris Pierre Boulez (composition seulement), Antoine Duhamel et Vinko Globokar) et à travers son livre Schoenberg et son école, publié en 1947.
En tant que compositeur, René Leibowitz a adopté la méthode de composition dodécaphonique, devenant son principal exposant en France. Les deux œuvres au montage, mais surtout son concerto pour piano, en sont de bons exemples.

Leibowitz fera ses débuts en tant que chef d'orchestre en 1937 avec l'Orchestre de chambre de la radio française en Europe et aux États-Unis. Il dirigera quand l’occasion se présente - bien que ses activités au podium aient été interrompues par la guerre. C'est durant cette période qu'il a écrit plusieurs ouvrages concernant la musique et les techniques de l'école de Schoenberg. Aussi, pendant la guerre, il était un membre actif de la résistance française contre les nazis. À la fin de la guerre, il revient à la direction - à contre coeur au début ayant estimé que suite à sa retraite forcée de cinq ans, il aurait pu perdre son doigté en tant que maestro.

L'un de ses enregistrements les plus circulés et les plus remarquables est une série de symphonies de Beethoven faites pour Sélections du Reader's Digest; C'était apparemment le premier enregistrement à suivre les marques de métronome de Beethoven. Leibowitz a également complété plusieurs enregistrements dans le cadre des albums de compilation de Sélections. Le premier ouvrage dans notre montage, un arrangement de la Passaglia et Fugue de Bach pour deux orchestres et le 8ème de Beethoven em fn de montage sont trir.s de ces séries.


Bonne écoute!


vendredi 28 juillet 2017

Narciso Yepes (1927 –1997)





Ce billet B + B propose notre montage # 254. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Le B+B de cette semaine explore un aspect du répertoire quelque peu négligé au cours de notre série – la guitare.

Qui dit guitare dit musique Espagnole et deux noms me viennent immédiatement à l’esprit: Francisco de Asís Tárrega y Eixea et Narciso Yepes. Souvent appelé le Père de la guitare classique et probablement un des plus grands guitaristes de son époque, Tárrega est, en quelque sorte, le porte-étendard pour ce qui est du compositeur prototype du répertoire pour guitare espagnole avec, entre autres, ses Recuerdos de la Alhambra.

Yepes, quant à lui, est en bonne compagnie avec les Segovia et Lagoya de ce monde, mais son cheminement et sa technique font de lui à mon avis le plus grand virtuose de la guitare classique durant le XXième siècle.

Yepes reçoit sa première guitare à quatre ans et, après des leçons privées (merci à Papa qui le traine à dos d’âne trois fois par semaine!), il s’inscrit au Conservatoire de Valence à l’âge de 13 ans. Son professeur principal au Conservatoire est le pianiste et compositeur Vicente Asencio avec lequel il suit une formation classique en harmonie et en composition. Yepes souligne que son professeur était généralement réticent envers ses élèves guitaristes car il considérait cet instrument incapable du legato d’un piano. Ceci force Yepes à développer sa propre technique (dite A-M-I pour Annulaire-Majeur et Index) un doigté qu’il maîtrise afin de prouver la prouesse de la guitare (et sa prouesse comme interprète).

A 20 ans, en décembre 1947, il exécute pour la première fois le grand Concierto de Aranjuez de Rodrigo à Madrid et connaît un succès immédiat comme virtuose. Il fera la tournée des grandes capitales et, en 1950, s’installera temporairement à Paris pour continuer à se former  avec de grands interprètes d’autres instruments tels le violiniste George Enescu, et le pianiste Walter Gieseking. Il prendra aussi des leçons privées avec Nadia Boulanger. Après Paris, il ira répéter l’expérience en Italie. Yepes est donc un musicien chevronné, et un homme de lettres par surcroit!

En 1964, Yepes s’exécute avec un nouvel instrument qu’il développe avec le luthier José Ramírez III; une guitare à dix cordes. Son premier concert avec l’instrument est ce même Aranjuez, cette fois avec le Philharmonique de Berlin. A partir de ce moment, on l’entendra exclusivement avec cet instrument en public et sur disque.

En plus de Tárrega, j’ai programmé Yepes sur notre B+B de cette semaine dans une compilation qui adapte la musique pour luth de son compatriote Baroque Gaspar Sanz, transcrite pour sa guitare à 10 cordes. Du brésilien Heitor Villa-Lobos, ses cinq préludes et son concerto pour guitare et orchestra de chambre.


Bonne écoute!


vendredi 14 juillet 2017

Mini opéras





Ce billet B + B propose notre montage # 253. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Le B+B de cette semaine explore le monde lyrique dans un contexte un peu particulier. On ne parle pas ici nécessairement de melodies ou même d’arias provenant d’opéras mais plutôt d’arias de concert – des pièces vocales qui insolent une scène pour voix soliste et orchestra (dans le cas d’un des exemples retenus, une paire de scènes).

Commençons par cet exemple – le compositeur Basque Juan Crisóstomo Arriaga est né jour-pour-jour 50 ans après Mozart, et comme lui nous a quitté bien trop jeune. Le Mozart espagnol mérite cette appellation à cause de son talent précoce (à 9 ans, il compose un quatuor à cordes dont il tient le second violon!) et son père décide d'envoyer son fils au Conservatoire de Paris. Elève brillant dans toutes ses études et activités musicales, il compose des œuvres dramatiques, quelques pièces liturgiques dont une fugue à huit voix sur Et vitam venturi dont la partition est perdue et que Luigi Cherubini, directeur du Conservatoire, considère en 1822 comme un chef-d'œuvre.

Une de ces œuvres dramatiques est sa cantate Herminie (Erminia, en Italien), inspirée du texte de J.-A. Vinaty mais généralement chantée en Italien dans la traduction de Giovanni Gandolfi. Cette œuvre dramatique du temps de la Première Croisade se compose de deux scènes, et se rapproche plus de l’opéra et ainsi se mérite une place dans notre palmarès de cette semaine.

Antigono est un opéra italien du XVIIIe siècle du compositeur tchèque Josef Mysliveček composé d'un livret du poète italien Metastasio produit en 1744 avec la musique de Johann Adolf Hasse. Ka musique de cet opéra est aujourd’hui perdue, mais un bon nombre de compositeyrs contemporains de Hasse et Mysliveček ont créé des arias de concert usant du livret de Metastasio et deux exemples (Acte III, Sc. 9 «Berenice, ah che fai? ») composés par Haydn et Avondano sont du montage. Deux arias de Mozart complètent la partie « classique » de cet ensemble.

Pour boucler le montage, j’ai choisi Bohemian Rhapsody, une chanson écrite par Freddie Mercury et enregistrée par son groupe, Queen (album A Night at the Opera).

La chanson, qui adopte le style opéra-rock, repose sur une structure assez inhabituelle pour un titre de musique rock : découpée en six parties, elle est dépourvue de refrain et comporte des arrangements tantôt a cappella, tantôt hard rock. En dépit de la singularité de son format, elle devient un immense succès commercial, marquant une étape décisive dans la carrière du groupe et posant les jalons de sa reconnaissance au panthéon des grands groupes de rock internationaux.


Bonne écoute!


samedi 1 juillet 2017

Programation Estivale 2017

Mardi en Musique

Mardi en Musique, et Les Roites du Laitier, font relache pour juillet et août. Retour sur MQCD-Musique-Classique prévu pour le 29 août avec notre montage du "5e mardi"

  • Revanche du Vinyle: Vladimir Ashkenazy, pianiste et chef (MM), 
  • Intégralement Vôtre: Evgeni Svetlanov et le Grand Orchestre d'URSS en concert (MM), 
  • Notre primeur trimestrielle pour un 5e mardi : André Previn pianiste, compositeur et chef (MM)
  • et un autre volet des Routes du Laitier


B+B

  • Juillet: Arias de concert (B+B) et Narciso Yepes (B+B)
  • Août: René Leibowitz, compositeur et chef (B+B) et concerti pur hautbois (B+B)
  • Septembre: Hummel (B+B), inspirations judaïques (B+B) et notre prime du trimestre Rostropovich joue et dirige Chostakovitch (B+B)

Afin de rehausser votre expérience sur l'Idée Fixe

 Ne manquez pas d'écouter la playlist du mois sur MQCD Musique Classique, un ensemble de transferts vinyl. Visitez le nouvel onglet pour l'écouter!


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vendredi 30 juin 2017

Oscar Peterson (1925-2007)






Ce billet B + B propose notre montage # 252. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Demain, le 1er juillet, marquera le 150ie anniversaire de la Confédération Canadienne. Afin de souligner cet évènement, j’ai préparé un montage qui rend hommage à un des plus grands musiciens ayant vu le jour dans notre grand pays.



Dans mes déplacements au travail, mon autobus arrête souvent au coin des rues Albert et Elgin, et m’offre une vue splendide de cette statue de bronze à l’effigie  d’Oscar Peterson, près de l’entrée des artistes au Centre National des Arts d’Ottawa. Souvent accompagné par les nombreux ouvriers qui dégustent leur café matinal assis sur le banc à côté d’Oscar, je n’ai pas de doute que ce dernier apprécie leur compagnie, un peu comme les nombreux auditeurs qu’il semble saluer d’un humble hochement de la tête.

Né et élevé à l’orée de la Grande Dépression dans le quartier de la Petite Bourgogne de Montréal, Oscar Peterson est le fils d’un musicien amateur, qui travaille comme journalier avec le Canadien Pacifique. A la maison comme dans son voisinage, l’influence de la musique des Antilles et du Jazz amènera le jeune Oscar à prendre un instrument – initialement aidé par son père, puis sa sœur qui donne des leçons de piano dans le voisinage. Peterson, qui souffrira d’un incident de tuberculose, choisira le piano plutôt que la trompette, et le sort en est jeté. Il suivra une formation classique surprenamment rigoureuse (après de sa sœur et de Paul de Marky), mais rapidement explorera le ragtime, le boogie-woogie et le jazz. Il remporte à 14 ans le concours national de musique de la Société Radio Canada et quitte l'école pour devenir musicien professionnel.

Pendant plusieurs années, il jouera régulièrement dans les cabarets et sera aussi très présent à la radio montréalaise dans les années 1940. C’est d’ailleurs à la radio qu’il sera découvert par le promoteur de jazz Norman Granz qui produira l’essentiel de ses disques, et l’ajoutera à l’alignement de la série Jazz at the Philharmonic au Carnegie Hall en 1949.

Le montage d’aujourd’hui est en deux parties – la première relate un récital public de Peterson et un des trios avec lesquels il s’est produit (celui-ci inclut Herb Ellis à la guitare et Ray Brown à la contrebasse) au théâtre Orpheum de Vancouver en août 1958 (quelques mois avant qu’Ellis ne quitte le groupe).

Les titres retenus sont principalement des « standards », c’est-à-dire des mélodies populaires parcourues par un grand nombre de groupes comme ceux de Peterson, mais toujours avec une sauce particulière. La plupart des titres sont introduits par Peterson au micro, y compris une pièce originale, The Music Box Suite (trad. Lit., la boite à musique), un hommage à sa sœur Daisy, qui fut jadis son prof de piano.

La seconde partie du montage est l’intégrale de Canadiana Suite, une commande de la Société. Radio-Canada qu’il endisquera avec Brown à la contrebasse et Ed Thigpen à la batterie en septembre 1964.

L’ensemble de huit courtes pièces est un voyage sur un train virtuel (clin d’œil à son père) allant de l’Atlantique au Pacifique passant par Montréal, Toronto, les Prairies, le défilé du Stampede de Calgary et finissant avec les Rocheuses.


Bonne écoute, et bonne Fête du Canada!

mardi 27 juin 2017

Schubert Symphonie No. 9 ("La Grande") - Tate


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 27 juin 2017.

J’avais prévu commencer une série de billets sur une collection de 5 microsillons des concerti pour piano de Mozart, mais la mort subite de Sir Jeffrey Tate m’a forcé à modifier ma programmation – partie remise à l’automne!

La discographie Tate favorise les maîtres du clarissisme – Mozart et Haydn (je compte d’ailleurs proposer un montage en fin d’année avec certaines des symphonies Londoniennes avec Tate et l’English Chamber Orchestra, faisant suite au Scherchen offert ici il y a deux semaines). Le disque que je partage aujourd’hui se veut dans cette tradition.

Qu’on les considère des symphonies classiques tardives ou des symphonies présageant le romantique, les neuvièmes de Beethoven et de Schubert  se distancent significativement de celles de leurs maîtres Haydn et Salieri. La contribution de Schubert (sa « Grande » symphonie en ut majeur) propose presque une heure de musique, et si ce n’est que par sa longueur, se veut un exercice ambitieux; si ambitieux qu’elle fut considérée « injouable » du vivant de son compositeur. Une décennie après le décès de Schubert, Robert Schumann et Felix Mendelssohn ont milité afin de la monter, ce dernier dirigeant son orchestre de Leipzig pour sa première au printemps de 1839.

Dans ma collection, je compte au moins quatre enregistrements de la Neuvième de Schubert (Muti, Abbado, Schippers et celle de Jeffrey Tate), et cette dernière a ceci de particulier : un sens de mouvement, de propulsion qui n’est pas aussi prononcé chez les autres. Je vous laisse le soin de la comparer à vos versions préférées!



Franz SCHUBERT (1797 - 1828)

Symphonie no. 9 en ut majeur, D. 944 (la Grande)
Sächsische Staatskapelle Dresden
Sir Jeffrey Tate, direction
Vinyle DDA - 1986

Lieu d’enregistrement - Studio Lukaskirche, Dresde




Internet Archive – https://archive.org/details/JeffreyTateStaatskapelleDresden1986SchubertSymphonyNo.9

(Merci On The Top of Damavand for ever)

vendredi 23 juin 2017

Vitrine Classique





Ce billet B + B propose notre montage # 251. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Le B+B de cette semaine reprend la formule utilisée il y a quelques semaines, proposant des titres qui évitent les compositeurs plus parcourus d’une époque musicale. Dans le cas du « classique », j’évite ici les Haydn, Mozart et Salieri

Avant de parler des compositeurs du montage de cette semaine, j’aimerais parler d’époques et de dates. On a tendance à associer généralement les grandes ères musicales aux siècles : le Romantique avec le XIXie étant un très bel exemple.

Il est un peu dangereux de restreindre ainsi les grandes époques : après tout, si on accepte que Rachmaninov était un des derniers grands Romantiques, on se doit d’inclure le premier quart du XXie siècle à l’ère Romantique. De même, on pourrait suggérer que la musique tardive de Mozart (qui s’éteint en 1791) à tout le moins présage le Romantique…

Le cas Mozart nous amène aux compositeurs Anglais qui ouvrent le montage de cette semaine, Boyce et Avison (et on pourrait dire la même chose de Wagenseil). Nés et œuvrant au XVIIIe siècle, donc en plein durant l’époque du Classique, certains les associent au baroque tardif, ou même à cette période de transition entre l’esthétique baroque et le début de l’époque plus « règlementée » qui caractérise les compositeurs dominants du classique, qui créent des recettes très spécifiques pour les concerti et les symphonies du jour.

Meridante et Cramer composent du temps de la transition classique-romantique illustrée par Beethoven et Schubert, qui « éttirent » les carcans normatifs, sont deux exemples de compositeurs qui perpétuent la tradition de Haydn et Mozart.


Bonne écoute!

mardi 20 juin 2017

Les routes symphoniques



Le billet suivant est un de mes Mardi en Musique pour le mois de mai 2017.

La série Les Routes du Laitier explore le répertoire de long en large, faisant appel à nos montages et playlists du passé. Pour plus d'information, lisez la page d'infos.






Sommaire

Au cours des derniers mois, nous avons suivi un parcours qui a commencé avec des musiques pour instrument solo, et y avons ajouté des voix parmi les interprètes, culminant avec deux ensembles d’envergure – l’orchestre d’harmonie et l’orchestre à cordes. Finalement, nous les unissons dans un grand ensemble homogène – l’orchestre symphonique.

Le « grand orchestre » a évolué au cours des 500 dernières années en force, en portée et en texture, en passant des instruments dits de période (dont certains sont aujourd’hui obsolètes) aux instruments d’aujourd'hui. Fini la viole de gambe et l’oboe d'amore, et vivent le violoncelle et le cor anglais!

La taille et le diapason d'un orchestre symphonique fournissent des possibilités infinies aux compositeurs de musique pour orchestre - parfois connus sous le nom de symphonistes - et les œuvres généralement retrouvées dans le répertoire orchestral se divisent en trois grandes catégories, selon les lignes que l'on peut entendre lors d'un concert d'abonnement typique: des ouvertures , des symphonies, et des concertos. Le concerto (qui signifie littéralement concert) est une forme qui a beaucoup évolué dans l'histoire de la musique, et j'ai choisi de le garder pour un autre volet de cette série.

Le « cheval de bataille » de l’orchestre est la symphonie – plus qu’une « sonate pour orchestre », la symphonie est un genre qui trouve son origine sous la forme d’ouvertures dites « Italiennes », ou sinfonias, des œuvres à plus d’un mouvement à caractères variés. Haydn (qui composera à lui seul plus d’une centaine de symphonies) est généralement reconnu pour avoir façonné la recette de la symphonie « classique » à quatre mouvements.

Comme genre musical, on peut penser à l’ouverture « classique » comme une œuvre en un seul mouvement, durant une dizaine de minutes. Ces ouvertures peuvent avoir un caractère « scénique » (associées à une performance théâtrale ou opératique) mais peut aussi être une pièce conçue expressément pour le concert. Une variante de l’ouverture est le poème symphonique, une invention Romantique qui sort de l’exercice « pour la forme » et se veut plus une pièce d’exécution imaginative; un conte en musique si vous voulez.

Vos feuilles de route

Feuille de Route #27 - "En lever de rideau"

Une collection d’ouvertures de concert, des pièces composées expressément pour le concert – toutefois une paire des sélections de cette semaine sont si on veut des vestiges de projets opératiques abandonnée ou jamais publiés [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast226-Playlist.





Feuille de Route #28 - "Karl Bohm Dirige Haydn and Mozart"


Dans les années 1960, Karl Bohm dirigera une intégrale des symphonies d'Amadeus avec le Philharmonique de Berlin. Le disque qui est proposé intégralement dans notre montage est un enregistrement datant des années 1970, avec le Philharmonqiue de Vienne dans deux de ces symphonies, ses nos. 40 et 41. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast227-Playlist.





Feuille de Route #29 - "Karl Bohm Dirige Richard Strauss"


Certaines pièces font l’objet de ma collection à plus d’un exemplaire – parmi eux les symphonies de Beethoven, celles de Tcahïkovski, et les poèmes symphonique de Richard Strauss – Ainsi Parla Zarathoustra, Heldenleben, la symphonie alpestre, et bien sûr les deux titres au programme aujourd’hui, Don Juan et Tyl l’Espiègle. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu  - https://archive.org/details/03StraussRDonJuanOp.20




Feuille de Route #30 - "Beethoven 2 X 4"

Une "paire" de symphonies de Beethoven qui mettent en relief le chiffre "2". Le choix des symphoinies no. 2 et 4 (ou 2 à la puissance 2) font d'elles des options numérologiquement logiques. Mais plus je me suis penché sur le montage, plus de "2" ont fait surface. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/details/Pcast043Playlist



Feuille de Route #31 - "Symphonies en ut majeur"

Trois pièces qui ont ceci en commun: leur tonalité est la gamme la plus simple, soit ut (ou do) majeur. Les sélections n'ont rien de particulier autre que la tonalité et le choix conscient d'une longueur acceptable. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/details/pcast159-Playlist




Feuille de Route #32 - "Quatrième de Brahms"


Je vous propose une performance de la quatrième sous la baguette d'Eugen Jochum. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/stream/pcast089-Playlist





Feuille de Route #33 - "Cinquième de Bruckner"


La cinquième symphonie d’Anton Bruckner dans une performance « croquée sur le vif » depuis un concert en 1951 du Philharmopnique de Vienne sous le chef Wilhelm Furtwängler au Festival de Salzbourg [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/details/04SymphonyNo.5InBFlatMajorT





Feuille de Route #34 - "Wagner: Tannhäuser, Der Fliegende Holländer, Die Feen"


Dans ma collection de microsillons en vinyle, je ne compte que trois sélections Wagner – l’obligatoire échantillonnage orchestrales du Ring (Szell et le Cleveland, série Great Performances CBS), et deux disques « d’ouvertures » de la maison Philips – une réédition de la série Festivo (Varviso dirige le Staatskapelle Dresde) et le disque d’aujourd’hui, une mouture numérique de première génération, avec le chef Néerlandais Edo de Waart. [Lire notre réflexion]

Hyperlien au menu - https://archive.org/details/02DieFeenOverture


mardi 13 juin 2017

Scherchen dirige Haydn


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 13 juin 2017.

Tout le monde veut me rencontrer. Je ‘ai dû dîner six fois jusqu'à maintenant, et si je voulais, je pourrais avoir une invitation tous les jours. Mais d'abord je dois considérer ma santé et mon travail. Sauf pour la noblesse, j'avoue qu'il n'y a pas d'appelant avant 2 heures de l'après-midi.

Ces mots, tirés de la correspondance privée de Joseph Haydn, décrivent l'accueil qu’on lui avait réservé à Londres au début de 1791. La présence de Haydn dans la capitale anglaise fut organisée par le violoniste et impresario Johann Peter Salomon. La vie isolée de Haydn comme Kapellmeister du prince Nikolaus Esterházy ne l'avait guère préparé pour l'activité musicale et sociale fiévreuse à Londres.

La renommée de Haydn en Angleterre, comme en France, était basée surtout sur ses symphonies des années 1770 et 1780, et la partie principale de son arrangement financier avec Salomon était la composition de six nouvelles symphonies (nos 93-98) étalées sur deux saisons, qui en deviendront douze. Ces 12  soi-disant Symphonies Londonniennes peuvent être classés en deux groupes: les Symphonies Nos 93-98 composées lors de la première visite de Haydn à Londres et des Symphonies Nos 99-104, composées à Vienne et à Londres sa deuxième visite. Chaque Symphonie du corpus, à part pour la 95ième, a une introduction lente au premier mouvement.

Mon partage de cette semaine nous ramène à mes séries Jadis sur Internet et à des téléchargements du site japonais Public Domain Classic et du site italien LiberMusica, ce dernier encore actif.

Le chef d'orchestre d'aujourd'hui, Herrmann Schechen, était reconnu pour la nouvelle musique du XXe siècle, mais sa discographie est exceptionnellement large, allant du baroque au contemporain.
Enregistré en mono pour le label Westminster entre 1950 et 1953 les enregistrements de Scherchen des 12 symphonies Londonniennes avec l'Orchestre de l'Opéra d'Etat de Vienne et l’Orchestre Symphonique de Vienne sont des performances pionnières car, à un moment où peu ont pris ces oeuvres au sérieux, Scherchen leur a accordé le temps et les soins qu’ils méritent. Le résultat n'est pas seulement une reconnaissance digne de l'importance historique de Haydn, mais une véritable réalisation de sa grandeur. Scherchen se révèle être un classiciste plein d’humanité et de la chaleur.
De ces enregistrements d’époque, j'ai retenu trois des symphonies - nos. 97, 102 et 103; 8 des 9 autres peuvent être trouvés sur LiberMusica.

Bonne écoute!


Joseph HAYDN (1732-1809)

Symphonie No. 97 en ut majeur, Hob.I:97
Symphonie No. 102 en si bémol majeur, Hob.I:102 (*)
Symphonie No. 103 en mi bémol majeur (Paukenwirbel), Hob.I:103

Wiener Symphoniker
Hermann Scherchen, direction
Source: Public Domain Classic et LiberMusica (*)





vendredi 9 juin 2017

Unvollendet





Notre montage # 250 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast250


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C’est notre coutume d’offrir un montage « étendu » pour marquer les grands jalons dans notre série B + B, qui se chiffre maintenant à 250. Ainsi, presque une heure et 45 minutes de musique  couvrant quatre titres… inachevés.

On peut considérer une œuvre inachevée de plusieurs façons: pourquoi donc Schubert aurait-il mis de côté sa symphonie en si mineur après avoir achevé deux mouvements, et quelques mesures d’un scherzo? Pourquoi a-t-on cru bon d’achever des œuvres laissées incomplètes par le décès de leur auteur?

Prenons d’emblée la deuxième proposition; était-ce un sacrilège, par exemple, pour Franco Alfani d’avoir achevé Turandot? Si on croit la légende de la première performance de l’ultime opéra de Puccini, assorti d’un rideau et de l’intervention de Toscanini qui dit (je paraphrase) « Ici, le Maître pose son crayon » sans qu’on entende les dernières minutes de l’opéra, M. Toscanini se range dans cette direction…

Mahler avait établi une méthodologie de travail qui créait un équilibre entre sa carrière de chef et sa vocation de compositeur. Ainsi, il prenait en moyenne deux ans à préparer une œuvre – un été passé à créer les esquisses et idées à élaborer, et orchestrait et complétait son travail à temps perdu et au cours de l’été suivant. Il ne fut donc pas surprenant de trouver ses cartables pleins d’esquisses et de brouillons de sa dixième symphonie, avec un mouvement (l’Adagio initial) presque complet. Son décès prématuré en 1911 laisse donc l’ouvrage incomplet. Certains encourageront un bon nombre de ses contemporains – et des musicologues – à étudier ces cartables et de reconstituer une œuvre finale depuis ces notes. La version du musicologue Deryck Cooke (offerte ici dans un clip YouTube) est une version qui a gagné une certaine notoriété, en dépit d’une génération de Mahleriens (dont MM. Bernstein et Kubelik) qui se sont limités à l’exécution de l’Adagio, seul mouvement « authentique » provenant du crayon de son maître.



Tchaïkovski a entrepris à maintes reprises des projets de symphonie qu’il abandonnera, recyclant ses esquisses sous forme de suites, par exemple. Un projet du début des années 1890 n’aboutira pas en une symphonie, mais se trouvera recyclé sous la forme de son troisième concerto pour piano (qui ne compte qu’un seul mouvement), et d’un scherzo-fantaisie pour piano seul.


--  YT --
Le décès du compositeur amène un confrère, Sergey Taneyev, à retravailler deux autres mouvements de la symphonie (originalement destinés à être l’Andante et le Finale du concerto) et publiera le résultat comme « l’opus 79 » du compositeur.


Dans les années 1950, le musicologue russe Semion Bogatyrev s'intéressa aux esquisses laissées par Tchaïkovski et tenta de reconstruire la symphonie telle qu'elle aurait pu être achevée. Pour le premier mouvement, il disposait de l'orchestration même de Tchaïkovski. C'est l'Andante  qui fut le plus difficile à reconstruire, et Bogatyrev suivit les idées principales de Taneyev en essayant de restituer aux mieux à l'orchestre la finesse de la partie pianistique. Le manuscrit comportait plus d'indications pour le Scherzo, malgré de nombreuses ratures et des indications incompréhensibles ; aussi Bogatyrev dut-il se servir fréquemment de la version pour piano. Le Finale, enfin, était le mouvement le plus avancé avec le premier, et Bogatyrev put encore une fois s'appuyer sur les notes du compositeur.

Ainsi donc, le montage d’aujourd’hui propose l’Inachevée de Schubert, l’Adagio de la Dixième de Mahler, la reconstruction de la symphonie de Tchaïkovski et, pour compléter le montage, la reconstruction par Glazounov de la troisième et dernière symphonie de Borodine qui, contrairement au Mahler et au Tchaïkovski) est acceptée sans réserve dans le répertoire symphonique du compositeur.


Bonne écoute!

mardi 6 juin 2017

La Création (Haydn)


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 6 juin 2017.

Je continue mon petit festival Haydn entrepris la semaine dernière avec un survol de son œuvre pour clavier avec un de ses deux grands oratorios, Die Schöpfung (La Création) dans une interprétatiom d’époque signée Igor Markevitch.

Assistant au Festival Handel de 1791 à l'abbaye de Westminster, Joseph Haydn a été ému par la sublimité monumentale du Messie et d’ Israël en Egypte, interprétés par plus de 1000 exécutamts. Dès lors, Haydn était déterminé à composer son propre oratorio épique, basé sur des sources bibliques et juste avant de quitter l'Angleterre à l'été de 1795, l'impresario Salomon lui tendit un livret anglais anonyme sur le sujet de la Création qui auraient été destiné à Handel un demi-siècle plus tôt.

Haydn a immédiatement vu le potentiel musical dans le texte de la Création, dont les sources principales étaient le Livre de la Genèse, le Paradis Perdu de Milton (en particulier pour les descriptions des animaux dans la Deuxième partie et le l'hymne à l'amour dans la troisième partie) et, pour plusieurs des chœurs de louanges, le Livre des Psaumes. De retour à Vienne, le compositeur a demandé au bibliothécaire de la Cour impériale, le baron Gottfried van Swieten, pour son avis. Il a rapidement encouragé Haydn de se mettre à l’ouvrage, assumant lui-même la tâche de traduire le texte en allemand.

La Création, comme l'autre oratorio de Haydn les Saisons, a un livret allemand et un livret anglais, tous deux écrits par Swieten (l'anglais de Swieten était moins bon qu'il ne le pensait, ce qui donne parfois des phrases étranges). Pour les citations de la Bible, Swieten a choisi d'adhérer très étroitement à la version anglaise King James, ainsi le texte allemand ne correspond à la Bible allemande mais plutôt le texte est construit de telle sorte que l'ordre des mots et la syllabifisation sont aussi proches que possible de l'anglais.

La première représentation publique a eu lieu à Vienne au vieux Burgtheater le 19 mars 1799. L'oratorio a été publié avec le texte en allemand et en anglais en 1800.

L'oratorio de trois parties exige trois solistes (soprano, ténor et basse, il y a aussi un solo incident pour alto en finale), chœur à quatre voix SATB et un grand orchestre. Pour les récitatifs, un clavecin ou fortepiano est également utilisé. Dans deux premiers volets, illustrant la création, les solistes représentent les archanges Raphaël (basse), Uriel (tenor) et Gabriel (soprano). Dans la troisième partie, la basse et la soprano représentent Adam et Eve.

Dans la version retenue, Markwvitch est joint par le Philharmonique de Berlin, et acompagne lui-même au clavecin les solistes. La source de la prestation est le site libre de droits Italien, LiberMusica.

Bonne écoute!


Joseph HAYDN (1732-1809)
Die Schöpfung (La Création), Hob. XXI:2
Oratorio en trois parties, texte allemand de Gottfried van Swieten

Irmgard Seefried (Soprano)
Richard Holm (Ténor)
Kim Borg (Basse)
Chor Der St. Hedwigs-Kathedrale
Berliner Philharmoniker
Igor Markevitch, direction et clavecin

Hyperlien LiberMusica http://www.liberliber.it/online/auto...ster-hob-xxi2/


mardi 30 mai 2017

Le clavier d'Haydn


Le billet suivant est mon Mardi en Musique pour cette semaine et propose notre montage # 249.  Il est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast249



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Pour les prochains quelques mardis, je propose un petit festival Haydn à commencer par le billet de cette semaine, mon montage « Blog et Baladodiffusion » proposé exceptionnellement un mardi par trimestre (le mois des « cinq mardis »).

Qui pense Joseph Haydn (ou devrais-je dire honnêtement quand je pense à Haydn) on parle de quatuors, de symphonies et des grands oratorios, mais pas nécessairement de son œuvre pour piano. Selon notre ami Hoboken, on trouve une soixantaine de sonates pour piano, 11 concerti, des musiques de chambre avec piano, etc. Donc, comme il faut s’y attendre d’un maître comme Haydn, une œuvre variée et digne de notre attention.

(Devrais-je m’y risquer… pourquoi pas! Voici donc une réflexion personnelle qui suscitera une remontrance ou deux…)

Une écoute « à l’aveugle » du montage proposé cette semaine me laisse avec l’impression suivante: ne pourrait-on pas se tromper et dire que ces concerti sont de Mozart, ou que ces sonates sont de Schubert ?

On accuse parfois Haydn d’écrire de la musique « à formule », que ses symphonies sont du pareil au même… Je ne suis pas tout à fait d’accord avec ce sentiment, quoiqu’on doit admettre que quand on écrit 104 symphonies, il y en aura quelques douzaines qui seront assez ordinaires. Mais quand j’écoute ce 11e concerto, je reconnais la formule Mozart, de l’entrée en matière enjouée au Rondo entraînant. La 50e sonate a ses moments pleins de réflexion intérieure suivi de passages enjoués.

Comment expliquer? Haydn ne calque pas le style de ses contemporains (et sûrement pas de ses successeurs!) c’est peut-être l’inverse! Ou bien, tout simplement, que le génie e Haydn c’est que son esthétique est celle de son époque, le son de sa génération.

Bonne écoute!


vendredi 26 mai 2017

Igor Markevitch (1912-1983)





Notre montage # 248 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast248


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Le B + B de cette semaine est le premier d’une série de billets que je vais proposer occasionnellement au cours des prochains mois, qui considèrent des chefs qui ont plus d’une corde à leur arc. Ils sont des interprètes (comme par exemple Daniel Barenboim qui fut proposé et comme pianiste dans Brahms et comme chef dans Dvorak et Tchaikovski) et – comme c »est le cas ici, des chefs qui composent.

Le chef Ukrainien, Italien puis Français Igdir Markevitch a vraiment commencé sa carrière comme compositeur.  Alors qu'il n'a que seize ans, il rencontre Diaghilev à l'Opéra de Paris, en décembre 1928. Toujours à la recherche du nouveau et de musiques de ballets propres à surprendre, étonner ou provoquer le public, Diaghilev pense avoir trouvé un compositeur à même de lui donner une partition pour la prochaine saison des ballets russes. Après avoir écouté trois fois un extrait de son premier opus d’envergure (le Finale de la Sinfonietta),  il lui commande un concerto pour piano en guise d'essai. Le Concerto est créé par l'auteur au piano et sous la direction de Roger Désormière lors d'une soirée de ballet à Londres le 15 juillet 1929 et remporte un réel succès.

La mort inopinée de Diaghilev laisse beaucoup de projets en veilleuse, dont un projet conçu par Leonid Massine pour un film mettant en vedette Brigitte Helm, pour lequel Markevitch écrirait la musique. Deux mouvements survivent de la musique du film incomplet de Massine Grande Valse de Concert: Le Danube Bleu, un arrangement à peine modifié de la musique de Strauss; et une ouverture originale écrite à Londres en 1931. Cette Cinema-Overture ouvre le montage d’aujourd’hui.

Il est sans aucun doute plus qu'une coïncidence que, à l'âge de dix-neuf ans, Markevitch aurait dû se tourner vers le mythe d'Icare pour sa première oeuvre véritablement individuelle, L'Envol d'Icare, une partition qu'il a continué à ré-travailler sous diverses formes pendant plus d'une décennie. Icare, qui a volé trop près du soleil et est tombé sur terre, incarne une image vivante du destin du jeune compositeur, balayé par le frénésie Parisienne des années 1930. En effet, le passage le plus frappant d’Icare est la «mort» longue, hypnotique, extatique et obsédante qui conclut la partition, occupant près d'un tiers de sa durée. Dans un bel hommage de la part d’un chef-compositeur contemporain, la version d »Icare retenue aujourd’hui est signée Bernstein.

Markevitch poursuit sa formation dans l'art de la direction avec Pierre Monteux (1933), qui avait créé tant de chefs-d'œuvre avec les Ballets russes à partir des années 1910 et venait de fonder l'École Monteux, destinée aux jeunes chefs. Son premier concert ne sera rien moins qu'au Concertgebouw d'Amsterdam (versioin de concert de la musique de son ballet Rébus) ; il a vingt ans.
La fin de la Deuxième Guerre Mondiale marque le début d'une carrière internationale come chef, qui le force à abandonner la composition. Il entreprend une carrière de chef d'orchestre qui le rendra universellement célèbre, à la tête principalement de l'Orchestre Lamoureux, de l'Orchestre philharmonique de Berlin et du Philharmonia à Londres. C'est pourquoi il est aujourd'hui plus connu pour son activité de chef que pour ses talents de compositeur.

Le montage propose donc Markevitch avec son orchestre Lamoureux, dans des pages Françaises contemporaines de la part d’Honnegger et de Roussel.


Bonne écoute!


mardi 23 mai 2017

L'heure Espagnole (Ravel)


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 23 mai 2017.

Pour faire changement, mon partage de cette semaine est un court opéra. Comme plusieurs d’entre vous, j’ai un faible pour des opéras en un acte, durant moins d’une heure, qui conviennent avec la durée de mes déplacements quotidiens sur les bancs des autobus d’OC Transpo.

Selon Natalie Morel Borotra on pense surtout à Ravel en tant qu’auteur d’oeuvres symphoniques ou de pièces pour piano. Son œuvre vocale, pourtant, est presque aussi importante que le répertoire instrumental, et d’égale qualité. Pendant ses quarante années de vie musicale active on peut trouver dans son catalogue plus de quarante mélodies, dont quatre petits cycles et plusieurs recueils de chants populaires harmonisés, une vocalise-étude, trois chœurs a cappela, des pièces de concours écrites pour le Prix de Rome (ses cantates Myrrha et Alcyone), et deux œuvres lyriques menées à bien, L’heure Espagnole et L’Enfant et les sortilèges.

D’après l’analyse de Catherine Scholler en 1904 au théâtre de l'Odéon, eut lieu la création d'une pièce qui remporta un joli succès, L'Heure espagnole, dont l'auteur, Franc-Nohain, est aujourd'hui largement oublié. C'était pourtant un acteur important de la vie intellectuelle du début du XX° siècle, entre autres choses parce qu'il était membre fondateur du cénacle des Amorphes, créé par Alphonse Allais, qui regroupait des noms aussi connus que Jules Renard, Tristan Bernard ou Alfred Jarry. Le sujet de L'Heure espagnole est grivois, truculent, et en définitive très sain. Les phrases vaporeuses des symbolistes populaires à l’époque tels Maeterlinck, qui laissent une impression de double sens obscur, y sont remplacées par des allusions, sous-entendus et jeux de mots à caractère sexuel, se référant à une réalité on ne peut plus matérielle. Finis les héros éthérés et les héroïnes évanescentes, Conception est une femme décidée, Ramiro un solide gaillard, les personnages ne parlent plus d'amour, ils le font!

Maurice Ravel et Claude Debussy se connaissaient personnellement et à défaut d'être intimes, ils furent bons amis pendant plusieurs années. Mais l'un et l'autre, tout en s'admirant mutuellement, chassaient sur les mêmes terres. Il est donc logique d’imaginer Ravel embrasser l’anti-symbolisme de Franc-Nohain afin de se démarquer de son collègue. En fait, toujours selon l’analyse ci-haut, d'autres motifs que l'anti-symbolisme, et de bien plus puissants, ont d'ailleurs motivé le choix du sujet de Maurice Ravel.

En tout premier lieu, l'Espagne Il n'existait pas de Pyrénées pour ce basque né non loin de Saint-Jean-de-Luz, auquel sa mère, en guise de berceuse, fredonnait habaneras et refrains de zarzuela : l'Espagne était sa seconde patrie musicale. Et puis, tout en louchant sur Pelléas et Mélisande, il devait être amusant de glisser quelques allusions à Carmen, à l'époque le deuxième pilier de l'Opéra-Comique après l'opéra de Debussy. Mais l'Espagne musicale de Ravel est une Espagne vécue, sucée avec le lait maternel, contrairement à la musique de Bizet, conçue pour "faire espagnol", de façon un peu artificielle.

Le deuxième amour de Maurice Ravel renvoie à la moitié paternelle de sa famille, originaire de Suisse : il s'agit des automates et mécanismes d'horlogerie. Cette fascination d'enfance ne l'a jamais quittée et il pensa plusieurs fois à des sujets mettant en scène des automates : le prélude de L'Heure espagnole est ainsi repris d'une symphonie horlogère, esquisse de mise en musique de L'homme au sable d'ETA Hoffmann, dont la poupée mécanique inspira également Delibes pour Coppélia et Offenbach pour Les contes d'Hoffmann.

Ravel délégua Claude Terrasse, ami commun, afin de demander à Franc-Nohain l'autorisation d'utiliser son texte. Le fantaisiste-dramaturge en fut étonné, car aucune oeuvre n'était moins propre au lyrisme que le sien, mais il donna son accord. Ravel n'apporta aucune modification au texte, hormis quelques coupures lui permettant de resserrer l'action.

La bibli musicale du forum propose une version vieille de presque 65 ans signée Ansermet. Le partage d’aujourd’hui est un peu plus récent (en date de 1965) et est signée Lorin Maazel, qui accompagne une distribution Française dans cette production rééditée à maintes reprises par la maison DG.


Maurice RAVEL (1875-1937)
L'Heure Espagnole, MR 52
Comédie musicale en un acte et vingt et une scènes
Après la pièce de Franc-Nohain

Les personnages:
Torquemada, horloger: Jean Giraudeau
Conception, épouse de Torquemada: Jane Berbié
Ramiro, muletier: Gabriel Bacquier
Gonzalve, bachelier: Michel Sénéchal
Don Inigo Gomez, banquier: José van Dam
Orchestre National de la R.T.F
Lorin Maazel, direction
Enregistrement: Paris, O.R.T.F., 2/1965

Argument - http://www.olyrix.com/oeuvres/449/lh...gnole/argument
Livret - http://www.operalib.eu/oraspagnola/pdf.html

mardi 16 mai 2017

Appelez-moi (Aussi) Robert Johnson


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 16 mai 2017.

Il y a deux semaines, j’ai taquiné le voisinage avec l'iintntion de discuter d’un deuxième Robert Johnson et, il s’agît d’un troubadour Américain qui est reconnu par plusieurs (dont Keith Richards des Stones et Eric Capton pour ne nommer que ces deux artistes de la génération du Rock) comme un des pionniers du Blues.

La légende de Robert Leroy Johnson (1911 –1938) repose sur peu d’artéfacts tangibles – en fait, une paire de sessions d’enregistrement dont la plus notoire se déroule dans un studio de fortune, établi pour la circonstance dans la chambre 414 de l’hôtel Gunther de San Antonio au Texas. La gravure ci=-desous tente de décrire la situation…



Johnson joue face au mur (en fait, au coin de la chambre) afin de profiter de la réverbération ainsi produite. Keith Richards, écoutant le résultat, croyait fermentent qu’il devait y avait deux guitaristes sur la bande sonore!

En dépit de la prise de son rustique, on peut clairement entendre le jeu de Johnson, ainsi que son usage de glissandi (« silde guitar » comme on dit dans le jargon). Les cjansons, créditées à Johnson mais sans doute des reliques de folklore local au Delta du Mississippi sont devenu depuis des « standards ».


La légende de Johnson inclut, bin=en sûr, des anecdotes entourant son décàs dans des circonsuances nébuleuses. Le folklore veut qu’il fut empoisonné par un mari jaloux. On maintient ans un site que le fantôme de Johnson erre toujour auvieil hôtel Gunther dont certaines salles de réunions pirttent le nom de l’artiste, et dont le piano-bar arbore le numéro de la célèbre chambre.


Robert JOHNSON (1911 –1938)

  • Crossroads Blues
  • Terraplane Blues
  • Come On In My Kitchen
  • Walking Blues
  • Last Fair Deal Gone Down
  • 32-20 Blues
  • Kindhearted Woman Blues
  • If I Had Possession Over Judgment Day
  • Preaching Blues
  • When You Got A Good Friend
  • Rambling On My Mind
  • Stones In My Passway
  • Traveling Riverside Blues
  • Milkcow's Calf Blues
  • Me And The Devil Blues
  • Hellhound On My Trail

Robert Johnson, s'accompagnat à la guitare
Titres enregistrés les 23, 26 et27 novembre, 1936; et 19-20 juin , 1937 par l'American Record Corporation

Columbia ‎– CL 1654
Format: Vinyle Mono, Compilation, Réédition
Détails - https://www.discogs.com/Robert-Johns...elease/8403394


(Merci à Enzo Baddo

Internet Archive - https://archive.org/details/02TerraplaneBlues_201705









vendredi 12 mai 2017

Busoni: Concerto pour piano





Notre montage # 247 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast247


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Le B + B de cette semaine propose un montage constitué d’une œuvre unique, comme ce fut le cas la dernière fois avec Messiaen. Cette fois-ci, nous considérons une œuvre pas mal moins parcourue, l’unique concerto pour piano de Ferruccio Busoni.

Busoni est le fils de deux musiciens professionnels : sa mère est une pianiste italo-allemande et son père un clarinettiste italien. Enfant prodige. Il donne son premier concert public, accompagné de ses parents, à l'âge de sept ans. Quelques années plus tard, il interprète certaines de ses propres compositions à Vienne où il a l'occasion d'entendre Franz Liszt jouer et de rencontrer outre ce dernier, Johannes Brahms et Anton Rubinstein.

Après une brève période d'études à Graz, il part en 1886 pour Leipzig. Il obtient ensuite plusieurs postes d'enseignement, le premier en 1888 à Helsinki où il fait la connaissance de sa future femme, Gerda Sjöstrand. En 1890, il enseigne à Moscou et de 1891 à 1894 aux États-Unis où il se produit également comme pianiste virtuose.

En 1894 il s'installe à Berlin où il donne des concerts à la fois comme pianiste et comme chef d'orchestre.

A l’instar de Liszt et Godowsky, Busoni compose et transcrit des pièces pour son propre usage comme pianiste-virtuose. Adoptant au début la tradition Romantique, dans les années 1900 il se frottera à un langage moderne; il se distingue particulièrement en tant que promoteur de la musique contemporaine. Parmi les musiciens qu’il formera au cours des années, notons Claudio Arrau et Egon Petri.

Parmi les œuvres majeures de Busoni, il faut écouter le Concerto pour piano, et orchestre, œuvre monumentale en cinq mouvements, dont le dernier avec chœur d'hommes. A près de 70 minutes, c’est sans doute le plus long concerto du répertoire pour piano.

Busoni écrira qu’on a deux approches reconnues pour le concerto pour piano – l’approche Mozart où le soliste virtuose est accompagné par un fond d’orchestre, et l’approche Beethoven où l’orchestre occupe le premier plan, avec le piano en complément (exception faite pour le quatrième concerto avec son introduction mémorable pour piano seul). Le concerto de Busoni se veut un espèce de compromis, une œuvre orchestralement ambitieuse avec des passages virtuoses – de là sa complexité et, par extension, peu de solistes et d’orchestres n’osent s’y frotter.

L’ajout d’un chœur à un concerto comme celui-ci est rare – on pense à la fantaisie chorale de Beethoven (une œuvre concertante pour piano mais pas un concerto) et des concerti peu fréquentés comme celui d’Henri Herz.

Homme de lettres, Busoni s’amourache de drame avec vers Aladdin du danois Adam Oehlenschläger, contemporain de Goethe, dont la pièce explore des thématiques qui s’approchent étrangement de Faust. Busoni conçut originalement une « soirée musicale » assortie de chants usant des vers de la pièce (en version allemande), mais seul la section finale survit, et deviendra l’ultime mouvement du concerto.

Un survol de la discographie du concerto ne propose qu’une dizaine d’enregistrements de cette œuvre colossale. Parmi elles, la version de studio du regretté John Ogdon fait le montage de cette semaine. M. Ogdon, comme le québécois Marc-André Hamelin, était un spécialiste de répertoire peu fréquenté (et techniquement difficile) – Alkan et Busoni en particulier. Le chef d’orchestre pour les circonstances, l’Américain Daniell Revenaugh, fut l’élève d’ Egon Petri et plus tard l’instigateur de la Busoni Society. L’enregistrement, qui date de 1967, est du catalogue EMI et revient fréquemment en reedition depuis 50 ans.


Bonne écoute!


 

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