mardi 17 octobre 2017

Bach: Quatre suites pour clavier


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 17 octobre 2017. 

Pour le Jadis sur Internet de cette semaine, j’ai grate les fonds de tiroir pour dénicher quatre suites pour clavier de Jean Sénastioen Bach. Bach a composé des suites, des partitas et des ouvertures dans le format de la suite de danse baroque pour les instruments solo tels que le clavecin, le luth, le violon, le violoncelle et la flûte et pour orchestre.

Dans le catalogue pour clavier solo de Bach, nous nous concentrons typiquement sur le groupe de 19 suites pour clavier, six suites anglaises, BWV 806-811, six suites françaises, BWV 812-817, les six Partitas, BWV 825-830 et l'ouverture dans le Style français, BWV 831.
L’appellation «anglais» et «français» n'est pas nécessairement attribuée à Bach  - les suites furent baptisées «Françaises» autour de 1762 et de même, les suites anglaises ont reçu une appellation ultérieure.

Le biographe de Bach, Johann Nikolaus Forkel, écrivait dans sa biographie de Bach en 1802: «On les appelle habituellement des Suites françaises parce qu'elles sont écrites à la française». Cette affirmation, cependant, est inexacte: comme les autres suites de Bach, elles suivent une convention largement italienne. Les Courantes de la première (en ré mineur) et la troisième (en ré mineur) sont de style français, les Courantes des quatre autres suites sont toutes à l'italienne

Les suites anglaises de Bach affichent moins d'affinité avec le style baroque anglais que les suites françaises au style baroque français; le nom «anglais» semble justifiée parce que ces oeuvres auraient pu être composés pour un noble anglais. On a également suggéré que ce nom soit un hommage à Charles Dieupart, dont la renommée était la plus grande en Angleterre.

Les six partitas pour clavier sont le dernier ensemble de suites que Bach a composé et le plus techniquement exigeante des trois. Bien que chacune des Partitas ait été publiée séparément sous le nom de Clavier-Übung, elles furent ensuite rassemblées en un seul volume en 1731, avec le même nom, que Bach lui-même a choisi d'intituler son Opus 1.

Bonne écoute!

Johann Sebastian BACH (1685-1750)

Suite anglaise no. 2 en la mineur, BWV 807
Justine McIntyre, piano

Suite anglaise no. 3 en sol mineur, BWV 808
Suite française no. 6 en mi majeur, BWV 817
Sonia Rubinsky, piano

Partita pour clavier no.1 en si bémol majeur, BWV 825
Elaine Lau, piano


Téléchargements MP3.COM (décembre 2002)


 

vendredi 13 octobre 2017

Antonio Salieri (1750-1825)





Ce billet B + B propose notre montage # 261. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Le B+B d'aujourd'hui présente un montage d'œuvres du maître classique italien Antonio Salieri. Né à Legnano en 1750, Salieri est venu à Vienne à l'âge de 15 ans, où il rencontre Gluck et l'empereur Joseph II. Salieri fut invité à se joindre à des séances de musique de chambre avec l'empereur, et s'est vite retrouvé lancé dans une carrière à la cour impériale.

Le folklore veut suggère une opinion austère de Salieri: qu'il était le bourreau qui a conduit Mozart à une tombe précoce et qu'il était un mauvais compositeur. Si Salieri n'était pas le personnage envieux et colérique dépeint dans le film Amadeus, qui était-il? Ce qui est certain, c'est qu'en 1781, lorsque Mozart, âgé de 25 ans s'installa à Vienne, Salieri, de six ans son aîné, y était une étoile établie.

Un jeune compositeur ambitieux comme Mozart aurait peut-être souhaité que Salieri ne soit pas dans son chemin, mais l'inverse? Que non!. Alors que Mozart collabore avec Beaumarchais (Le Nozze di Figaro), Salieri travaillait déjà sur Tarare, sur un livret de Beaumarchais, un un succès à Paris.
Et si les collaborations de Mozart avec le librettiste Lorenzo da Ponte ont portent fruit, on rappelle que c’'était Salieri, après tout, qui amène Da Ponte à Vienne. Cependant, si on croit l'épouse de Mozart, il y aurait eu un incident suggérant possiblement une rivalité. Elle a prétendu que Salieri avait s’est vu offrir originalement le livret de Da Ponte pour Cosi Fan Tutte - et l'avait rejeté comme sans valeur musicale. Quand Mozart a mis la main dessus, Salieri humilié a dû manger ses mots.

Ce n'est qu'après la mort de Mozart que Salieri aurait eu une véritable raison de le détester. 

Contrairement à celle de ses prédécesseurs, la musique de Mozart a continué à être jouée posthumément devenant ainsi le premier compositeur dont le culte de la célébrité a réellement fleuri après sa mort. Salieri, cependant, avait survécu son talent. Il a écrit presque aucune musique pour les deux dernières décennies de sa vie.

Il a eu une liste impressionnante d'élèves: Beethoven, Schubert, Meyerbeer et Liszt - sans oublier Franz Xavier Mozart, le jeune fils de son prétendu adversaire. Mais le compositeur qui avait déjà été à l'avant-garde de nouvelles idées d'opéra n'enseignait pas nécessairement à ses étudiants d'être aussi novateurs; Nous ne pouvons qu'être reconnaissants que Schubert ait ignoré ses commentaires négatifs envers le genre «intolérable» du lieder.

Notre montagecommence par une pièce pour piano de Mozart définissant six variations sur un thème sur l'Aria "Mio caro Adone" de l'Opéra La fiera di Venezia de Salieri. Le jeune compositeur était encore dans son adolescence quand il l’a écrit et devait admirer Salieri à l'époque.

Cela soulève une question inévitable mais peut-être injuste: comment l’œuvre de Salieri se compare-t-elle à celle de Mozart? On pourrait dire que la musique de Salieri est plus mature et texturée, alors que celle d’Amadeus a très souvent mis l'accent sur la mélodie. Mais il est préférable d'évaluer simplement Salieri en fonction de notre petit échantillonnage.

Les Variations de Salieri sur "La follia di spagna", est un des rares exemples de variations orchestrales écrites avant la fin de la période romantique, lorsque la forme est devenue plus populaire suite au succès des Variations Haydn de Brahms en 1873.

Le prochain montage propose une paire de concertos pour des groupes d'instruments et orchestre, rappelant le genre concerto grosso de la période baroque.

On pourrait entendre des échos de Le Nozze di Figaro au début de La Veneziana, où les cordes jouent merveilleusement. En fait, il est peut-être plus exact de dire que Mozart fut inspiré par son collègue.


Bonne écoute!


mardi 10 octobre 2017

C'était l'bon temps


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 10 octobre 2017. Ce billet est adapté de la version anglaise originale.


En guise de préambule au partage de cette semaine, permettez-moi une réflexion nostalgique autour de la télé de mon enfance à Montréal – avant le numérique, les chaînes spécialisées et tout ce qui est disponible aujourd’hui, il y a jadis eu une époque où le choix du téléspectateur était limité aux chaînes disponibles sur les ondes terrestres. A Montréal, on n’avait que quatre chaînes – deux en anglais (CBC et CTV) et deux en français (TVA er la SRC). Si la programmation avait ses hauts et ses bas, les week-ends avant midi étaient un véritable désert médiatique. La SRC proposait une programmation religieuse (Le jour du Seigneur) et une programmation agricole et rurale (La semaine verte). La CTV offrait ses ondes en service public à la communauté Italienne (Teledominica) et la CBC… Bien personne n’écoutait la CBC, surtout le dimanche matin!

TVA a tenté de remplir sa grille horaire avec plus ou moins de succès (pour nous qui avions accès au service de câblodistribution, on pouvait capter La Lutte Grand-Prix sur Télé 7 de Sherbrooke), mais pendant une demi-douzaine d’années , ma Tante Béatrice aimait bien l’émission de Fernand Gignac, C'était l’bon temps, où notre crooner national jouait de vieux 78 tours des artistes Français et Québécois des années 1940 et 50: Georges Guitary, Luis Mariano, Tino Rossi, Alys Robi, et même parfois un jeune Gignac.

Le partage de cette semaine, si on veut,  rappelle un peu le format de cette vieille émission. Dans ses émission hebdomadaires d’Opéra sur la chaîne de radio publique de Sacramento en Californie, Sean Bianco propose des opéras sur disque intégralement (j’en ai partagé quelques-uns ici et sur d’autres de mes plateformes) et il propose souvent en complément des extraits supplémentaires qu’il appelle « Opera Potpourri ». Il expose souvent des artistes qui ont gravé sur disque alors que l’industrie était à son enfance (technologiquement et en termes de popularité pour ce genre de répertoire). J’ai retenu quelques-uns de ces fragments d’émission et les ai rassemblés ici pour votre bon plaisir. Les extraits sont commentés (en anglais) par M. Bianco et je vous offre ici quelques notes d’usage, pour ceux d’entre vouis qui sont moins à l’aise en anglais.

Les deux premiers extraits mettent en valeur Jussi Björling. Dans un premier temps, ("Jussi Björling Vol.2"Nimbus: NI7842) un jeune Björling  chante des extraits du répertoire standard dans des traductions Suédoises. Dans un second temps (“Jussi Bjorling - The First Ten Years”, Nimbus: NI7835), sauf pour un extrait, c'est dans des versions originales.

LA BELLE HÉLÈNE (J. Offenbach), Au mont Ida trois déesses [trad. Suédoise] 
Rec: 31 May 1938 Matrix: OSB 755-1 HMV Cat: X 6090 
DER ZIGEUNERBARON ( J. Strauss II), Wer uns getraut? [trad. Suédoise] 
with Hjördis Schymberg (soprano), Rec: 28 April 1938 Matrix: OSB 741-5 HMV Cat: X 6146 
DER BETTELSTUDENT (C. Millöcker), Ich hab' kein Geld, bin vogelfrei [trad. Suédoise] 
Rec: 28 April 1938 Matrix: OSB 743-4 HMV Cat: X 6090


L'AFRICANA (G. Meyerbeer), O Paradiso 
Rec: 4 September 1937 Matrix: 2SB 573-2 HMV Cat: DB 3302 
LA GIOCONDA (A. Ponchielli), Cielo e mar 
Rec: 3 September 1937 Matrix: 2SB 570-2 HMV Cat: DB 3302 
LA BOHÈME (G. Puccini), Che gelida manina 
Rec: 4 December 1936 Matrix: 2SB 439-2 HMV Cat: DB 3049 
MANON (J. Massenet), Il sogno (En fermant les yeux) 
Rec: 10 August 1938 Matrix: 2SB 779-2 HMV Cat: DB 3603 
G. Rossini, Cujus animam from “Stabat Mater” (1842), 
Rec: 12 October 1938 Matrix: 2SB 823-3 HMV Cat: DB 3665 
IL TROVATORE (G. Verdi), Di quella pira [trad. Suédoise] 
Rec: 3 March 1934 Matrix: OPA 235-2 HMV Cat: X 4265 


La dernière plage du partage propose un nombre de belles voix de l'âge d'or du Met: Rosa Ponselle (1897 –1981), Giuseppe De Luca (1876 –1950) et Lauritz Melchior (1890 –1973).

“Rosa Ponselle Vol.3”, Nimbus: NI7878
IL TROVATORE, Tacea la notte placida 
Rec: 16 Nov 1922 Mat: 98051-1 Columbia Cat: 68036D Romano Romani dir.
LA FORZA DEL DESTINO (G. Verdi), Pace, pace mio Dio 
Rec: 11 Dec 1923 Mat: C29060-4 Victor Unpublished Rosario Bourdon dir.

“Giuseppe de Luca”, Nimbus: NI7815
LA GIOCONDA, Enzo Grimaldo, Principe di Santafior 
with Beniamino Gigli (tenor), Rec: Nov 1927 Matrix: 41072 Victor Cat: 8084B
RIGOLETTO (G. Verdi), Piangi, fanciulla 
with Amelita Galli-Curci (soprano) Rec: 1927 Matrix: A 41236 Victor Cat: 3051
IL BARBIERE DI SIVIGLIA (G. Rossini), Largo al factotum 
Rec: 1917 Matrix: 19163 Victor Cat: 6077

“Rosa Ponselle Vol.3”, Nimbus: NI7878
S. Foster, Old Folks at Home (also known as Swanee River, 1851)
Rec: 4 June 1925 Mat: CVE 32865-3 Victor (Unpublished) Pasternack dir.

“Lauritz Melchior”, Nimbus: NI7816
DIE MEISTERSINGER VON NÜRNBERG (R. Wagner), Morgenlich leuchtend im rosigen Schein 
Recorded 1924-1939 (?) Philadelphia Orchestra, Eugene Ormandy, dir.


lundi 9 octobre 2017

Le Messie (Handel)

Le billet suivant est l'adaptation d'un billet paru sur OperaLively.


Le billet d'aujourd'hui pour l'Action de Grâce ici au Canada, serait mieux programmé pour Pâques ou Noël. Toutefois, afin de soutenir un épisode des Routes du Lairier prévu dams une dizaine de jours, je vous le propose aujourd'hui.

Händel composa le Messie en 1741, à l'occasion d'une tournée de concerts de charité en Irlande. Le texte réfère principalement à la résurrection du Messie et à la rédemption qu'elle opère: l'œuvre fut écrite pour le temps de Pâques et jouée pour la première fois lors de cette fête. Cependant, il est devenu de tradition, depuis la mort du compositeur, de la jouer pendant le temps de l'Avent — les semaines qui précèdent la fête de Noël — plutôt que pendant le temps de Pâques. Ces concerts ne jouent souvent en fait que la première section du Messie, concernant l'Annonce de la venue du Christ et sa naissance, ainsi que le chœur de l'Alleluia

L'œuvre est aussi jouée à Pâques, en particulier les parties concernant la résurrection qui sont souvent des pièces jouées pendant les offices. L'air de la soprano I know that my redeemer liveth est souvent entendue lors de funérailles chrétiennes. 

Le Messie  faisait appel à l'origine à un petit orchestre formé de cordes, que Handel renforça après sa création avec des trompettes, hautbois et timbales. Le style vocal, les grands contrepoints choraux, une brillance un peu extérieure destinent cette œuvre autant au concert qu'à l'église.

La version retenue a ceci de particulier: elle est basée sur une édition du musicologue Britannique Ebenezer Prout adapté par le chef Leonard Bernstein. Sa principale adaptation fut de regrouper les textes créant une section pour l'Avent et une section Pascale.



Georg Friedrich HANDEL (1685 - 1759) 
Messiah, HWV 56
Livret en Anglais de Charles Jennens depuis des sources bibliques
Adele Addison, soprano
Russell Oberlin, haute-contre
David Lloyd, ténor
William Warfield, baryton
Westminster Choir
(John Finley Williamson, dir.)
New York Philharmonic
Leonard Bernstein, direction


1ere partie: Section de l'Avent

 


2eme partieo: Section Pascale



Détails: http://www.tp4.rub.de/~ak/disc/ro/sony60205.html



mardi 3 octobre 2017

Mozart – Concerti pour piano nos. 18, 22 et 25


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 3 octobre 2017.

Les concerti pour piano de Mozart sont, à mon avis, le genre où nous pouvons vraiment apprécier sa croissance en tant que compositeur, car il les a produits continuellement tout au long de sa carrière. Les Concerti Nos 1-4 (K. 37, 39, 40 et 41) sont des arrangements de mouvements de sonate par d'autres compositeurs, laissant 23 concerti "originaux" (les concerti nos 7 et 10 sont respectivement pour trois et deux claviers).

J'ai commencé à partager un peu de ce que nous appellerions les Concertos pour piano "tardifs" de Mozart avec les nos. 17 et 21 récemment partagés. Le billet d'aujourd'hui proposent des extraits d<un coffret TIME-LIFE de 5 microsillons de reprises assemblés au début des années 1970 et que j'ai acquis il y a plusieurs années dans un magasin d'occasion. J'ai déjà présenté le Concerto no. 21 à partir de cette compilation, et le concerto no. 24 il y a de nombreuses années dans un partage sur Sir Clifford Curzon. Les trois œuvres présentées aujourd'hui (nos 18, 22 et 25) présentent trois solistes et orchestres différents.

La conception Mozartienne du concerto pour piano tente de résoudre le problème existentiel autour de la présentation du matériel thématique chez l'orchestre le soliste, et la plupart de ses meilleurs exemples proviennent de ses œuvres tardives. Trois concerti composés en 1784, K. 453 (n ° 17), 456 (n ° 18) et 459 (n ° 19) peuvent être considérés comme formant un groupe, car ils partagent certaines caractéristiques, comme le même rythme à l'ouverture. K. 453 (présenté dans notre récent montage Previn) a été écrit pour Barbara Ployer et est célèbre en particulier pour son dernier mouvement. Le prochain concerto du groupe, K. 456 (présenté aujourd'hui) était, depuis longtemps, censé avoir été écrit pour la pianiste aveugle Maria Theresa von Paradis.

Ensuite, composé en 1785, K. 482 (no 22) est légèrement moins populaire, peut-être parce qu'il manque les thèmes frappants présentés dans K. 467 (du même coffret Time-Life, entendu dans notre partage Ashkenazy). Pour terminer la sélection de cette semaine, nous avons le dernier ouvrage Mozart de 1786, n ° 25, K. 503, l'un des concerti les plus expansifs de tous les concertos classiques, rivalisant avec le concerto Empereur de Beethoven.


Un dernièr détail - le clip de Barenboim jouant et dirigeant le no. 18 a été retiré de YouTube, mais je l'ai publié comme une piste MP3 sur notre version Internet Archive de la playlist d'aujourd'hui.

Bonne écoute!




Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Concerto no. 18 en si bémol majeur, K. 456
English Chamber Orchestra
Daniel Barenboim, dirigeant du piano

Concerto no. 22 en mi bémol majeur, K. 482
Karl Engel, piano
Salzburg Mozarteum Orchestra
Leopold Hager, direction
YouTube - https://youtu.be/YFQf-05zfOk[


Concerto no. 25 en ut majeur, K 503
Alicia De Larrocha, piano
London Philharmonic Orchestra
Georg Solti, direction
YouTube - https://youtu.be/-XVrRB_wgPM


Time Life Records ‎– STL M01
Format: 5 × Vinyl, LP, Compilation (1973)
Détails - https://www.discogs.com/Wolfgang-Ama...elease/4295176


dimanche 1 octobre 2017

Programmation Automnale 2017

Déjà l'automne! Treize semanes de programmation pour votre bon plaisir!

Mardi en Musique

J'entends continuer avec mes partages hebdomadaires sur MQCD-Musique Classique, y compris trois chapitres (un par mois) des Routes du laitier.

  • Intégralement Vôtre - Schubert avec la regrettée Gundula Janowitz (MM)
  • Jafis surInternet - Suites pour clavier de J. S. Bach  (MP3.COMMM) et Beethoven "en concert" (LiberMusicaMM)
  • Revanche du Vinyl - Concerti pour piano de Mozart (MM), Rachmaninov sur disque (MM) et Les Planètes de  Holst' (MM)
  • Autres billets - C'était l'bon temps (MM) et autres à déterminer
  • B+B Boni du 5e mardi (Octobre - Stravinski Symphonique (MM)
B+B
  • Octobre - Montages sur Mozart (B+B) et Salieri (B+B)
  • Novembre -  "In Memoriam" Sir Jeffrey Tate (B+B) et l'Irlandais John Field (B+B)
  • Décembre - pianistes légendaires: Edwin Fischer et Bach  (B+B) et Rudolf Serkin  et Beethoven (NEW PODCASTB+B)
  • Notre Bilan Annuel et Playlist de ramassis YouTube

Afin de rehausser votre expérience sur l'Idée Fixe

Ne manquez pas d'écouter la playlist du mois sur MQCD Musique Classique, un ensemble de transferts vinyl. Visitez le nouvel onglet pour l'écouter!


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vendredi 29 septembre 2017

Rostropovich & Chostakovich





Ce billet B + B propose notre montage # 260. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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C’était l’anniversaire de naissance de Dmitri Chostakovitch lundi dernier donc une belle occasion de partager une paire de ses compositions lors de notre B + B “boni” pour ce 5ie vendredi de septembre.
L’autre artiste en vedette cette semaine – celui-ci dans le cadre de notre série de partages dédiés aux chefs qui ont plus d’une corde à son arc – le chef et violoncelliste Russe, Mstislav Rostropovich.

Dès l'âge de 4 ans, Rostropovich apprend le piano auprès de sa mère, pianiste confirmée, puis à dix ans, également le violoncelle auprès de son père Léopold, violoncelliste éclairé qui avait étudié auprès de Pablo Casals et lui-même fils de violoncelliste. À treize ans, en 1940, il donne son premier concert en tant que soliste, où il interprète le Concerto pour violoncelle n° 1 de Camille Saint-Saëns.

Probablement le violoncelliste le plus réputé du xxe siècle, Rostropovich est un véritable virtuose qui a marqué le paysage international de la seconde moitié du xxe siècle. En tant que violoncelliste, il a interprété un nombre considérable d'œuvres (plus de cent premières) et a poursuivi sa vie durant l'objectif avoué de constituer pour son instrument un répertoire qu'il jugeait jusqu'alors insuffisant (en comparaison avec celui du violon par exemple).

Promouvant l'art sans frontière, la liberté d'expression et les valeurs démocratiques, Mstislav Rostropovitch n'est pas très bien vu par le régime de Léonid Brejnev. Son amitié avec Alexandre Soljenitsyne et son soutien aux opposants au régime en place sont la cause d'une disgrâce officielle au début des années 1970; il est alors exclu de nombreux groupes musicaux. Rostropovitch, sa femme et leurs enfants obtiennent de pouvoir quitter l'Union soviétique pour aller s'installer aux États-Unis en 1974. En 1978 il est officiellement déchu de sa citoyenneté soviétique par Léonid Brejnev pour « actes portant systématiquement préjudice au prestige de l'Union soviétique ». Suite à ;a fin de l’ère Soviétique, le 16 janvier 1990, Mikhaïl Gorbatchev signe le décret de réhabilitation de Rostropovitch et il fera un grand retour peu aprèS dirigeant le National Symphony Orchestra de Washington sur la Place Rouge.

Rostropovitch et Chostakovitch

Vissarion Chebaline, le directeur du conservatoire de Moscou et un ami de son père, l'inscrivit au conservatoire en piano, violoncelle, direction d’orchestre et en composition à l'âge de seize ans alors que le règlement exigeait que les élèves aient dix-huit ans. Chostakovitch y enseignait l'orchestration. Rostropovitch qui rêvait de devenir son élève a obtenu de pouvoir lui jouer un concerto pour piano qu'il avait composé. Sa prestation a plu à Chostakovitch et il est entré dans sa classe. L'érudition musicale extraordinaire du maître émerveillait son élève et leur relation s'est peu à peu muée en une véritable proximité, jouant souvent ensemble à quatre mains les symphonies de Mahler.

En décembre 1945, Rostropovitch a participé au premier grand concours d'après-guerre organisé en Union soviétique dont le jury était présidé par le grand compositeur et, à l'âge de dix-huit ans à peine et devant de très nombreux compétiteurs, il a remporté le premier prix de violoncelle (ex-aequo avec le pianiste Sviatoslav Richter).

Leur amitié s'affirme et ne faiblira pas. Chostakovitch a dédicacé à Rostropovitch ses deux concertos pour violoncelle. Lui qui ne montrait jamais à personne ses œuvres avant leur achèvement lui laissa lire le Deuxième Concerto alors en cours d'écriture ; et alors qu'il supportait mal qu'on intervînt dans son travail, il intégra les quelques indications que le violoncelliste lui fit au sujet des cadences.
En lever de rideau, le deuxième concerto pour violoncelle composé par Chostakovitch au printemps 1966, lors d'un séjour en Crimée. Il est dédié, comme le Premier Concerto Rostropovitch qui en donna la première le 25 septembre 1966 sous la direction d’Evgueni Svetlanov lors d’iun concert pour le 60ie anniversaire de naissance du compositeur.

L'admiration de Rostropovitch pour son ancien professeur ne s'est jamais démentie. Il a acheté et fait rénover à Saint-Pétersbourg l'appartement dans lequel Chostakovitch a vécu de 1914 à 1934. Il y a réuni une grande quantité de documents et de souvenirs ayant appartenu au compositeur pour y créer un musée qui lui est consacré au numéro 9 de la rue Marat

La Cinquième Symphonie est la symphonie la plus jouée et la plus enregistrée du compositeur. Elle fut écrite en trois mois en 1937, et créée le 21 novembre de la même année à Léningrad sous la direction d’Evgeni Mravinski. La première de l’œuvre bouleversa l'assistance à tel point que beaucoup pleuraient, réaction inhabituelle à une œuvre nouvelle.

Le 25 janvier 1938, le journal Vetcherniaia Moskva publie un article de Chostakovitch intitulé "Ma réponse d'artiste". On y trouve le passage où Chostakovitch dit que la Cinquième Symphonie serait « la réponse concrète et créative d'un artiste soviétique à une critique justifiée ». Cette définition est considre en Occident comme le sous-titre « officiel » donné par l'auteur lui-même à sa symphonie
La prestation du montage propose Rostropovich aux commandes de son orchestre de Washington qu’il dirigera de 1977 à 1994.


Bonne écoute!


mardi 26 septembre 2017

12 sonates pour deux violons et basse continue de Vivaldi


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 26 septembre 2017.

Je reçois ma quote-part de « Spam » (comme on le dit par chez nous), et YouTube est sans doute un des pires récidivistes. Toutefois, c’est un de ces courriels mal léchés que j’ai eu vent de la chaîne YouTube du label Brilliant Classics qui propose des albums intégralement. Le partage de cette semaine (et quelques-uns des partages prévus l’an prochain dans la série Intégralement Vôtre proviennent de cette chaîne.

Les sonates pour deux violons et basse continue de Vivaldi

C’est en 1681 qu’Arcangelo Corelli publie sa première collection de sonate a tre qui sera suivie de trois ensembles supplémentaires de douze sonates chacune. L'influence des sonates de Corelli était telle que tout compositeur baroque qui se respecte s’est senti obligé de démontrer ses compétences avec des sonates à trois voix; Albinoni, Bonporti, Caldara et Vivaldi.

L’opus un de Vivaldi est une collection douze sonates à trois voix datant de 1705 (en fait la première édition pourrait dater de 1703, peu avant que Vivaldi n’entre en poste à La Pieta en septembre de cette même année). Le partage d'aujourd'hui est une «  première mondiale » de l'édition critique de ces 12 sonates par Fabrizio Ammetto, musicologue spécialisé dans l’œuvre de Vivaldi à la Fondazione Giorgio Cini de Venise.

Les chercheurs ont noté que les sonates à trois voix de Vivaldi montrent une certaine immaturité, expliquant pourquoi on ne les entend pas fréquemment sur disque ou en récital. Parce qu’il n’a pas vraiment recyclé ses mélodies, peut-être que Vivaldi lui-même n’était pas entiché du résultat, oui de la formule.

Quoi qu'on puisse penser de ces sonates, elles font une bonne écoute pendant environ 90 minutes, certainement quand elles sont jouées avec sincérité et précision rythmique par un ensemble comme L'Arte del Arco. Si vous aimez la musique à cordes baroques et / ou Vivaldi, vous devez ajouter cette bonne performance du corpus à votre liste d’écoutes.



Antonio VIVALDI (1678-1741)
12 Sonate da camera a tre, Op. 1
(Dans l’ordre proposé sur le clip)
No. 1 en sol mineur, RV 73
No. 8 en ré mineur, RV 64
No. 5 en fa majeur, RV 69
No. 10 en si bémol majeur, RV 78
No. 6 en ré majeur, RV 62
No. 12 en ré mineurRV 63 “Follia”
No. 9 en la majeur, RV 75
No. 7 en mi bémol majeur, RV 65
No. 3 en ut majeur, RV 61
No. 4 en mi majeur, RV 66
No. 11 en si mineur, RV 79
No. 2 en mi mineur, RV 67

L'Arte dell'Arco [Federico Guglielmo, Glauco Bertagnin, violons; Francesco Galligioni, violoncelle; Ivano Zanenghi, théorbe; Roberto Loreggian, clavecin / orgue]

Enr : 12 -16 mars 2012, Abbazia di Santa Maria, Carceri (Padoue)
Brilliant Classics - 94784BR



Internet Archivehttps://archive.org/details/LArteDellArcoVivaldiTrioSonatasOp.1

vendredi 22 septembre 2017

Inspirations Judaïques





Ce billet B + B propose notre montage # 259. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Dans nos pages au cours des ans, nous avons proposé de nombreux partages de musique sacrée de traditions de foi chrétienne. Nous avons aussi parlé de traditions de musique « nationales » – tradition française, tradition allemande, tradition italienne et tradition russe.

Le partage d’aujourd’hui propose un croisement entre de la musique provenant d’une tradition de foi « nationale » - la tradition juive.

Aucun des titres d’aujourd’hui – sauf peut-être Halil pour flûte et orchestre de Bernstein – ont un aspect spirituel ou sacré. Ils sont tous, par contre, des exemples de musique qui suivent la tradition musicale et l’esthétique musicale juive, avec son shmaltz de rigueur et son rythme très particulier. Je me souviens d’un documentaire télévisé dans lequel on proposait que le concerto pour violon en mi mineur de Mendelssohn était un des meilleurs exemples de musique dans cette grande tradition. Mendelssohn, lui-même un adepte de l’Église Réformiste Luthérienne, est issu d’une famille qui compte parmi ses aïeux un des philosophes juifs les plus connus. La tradition juive est donc tissée serrée dans son ADN personnel, et donc son ADN musical.

En lever de rideau, l’ouverture sur des thèmes hébreux de Prokofiev est conçu pour un alignement inhabituel: quatuor à cordes avec piano et clarinette. Cette configuration de sextuor est celle de l’ensemble  Zimro qui commade l’œuvre pour sa tournée Américaine en 1919. C’est le meneir de l’ensemble qui offre des exemples de musique folklorique au compositeur, qui s’inspire de cette musique et offre un pasticjhe conforme à l’atmosphère et l’esthétique demandée.

Dans le catalogue des arrangements de Ravel on découvre de nombreuses mélodies de traditions étrangères – Grec traditionnel, Russe et dans troius cas Yiddish et Hébreu : Mejerke, main Suhn (Chants populaires, MR A17, no. 4) et Deux mélodies hébraiques (MR A22). Les mélodies sont chantées par Pierre Bernac accompagné au piano par Francis Poulenc, ce dernier est un contemporain et collaborateur du compositeur.

Deux « Suites Héraïques » font le palmarès – la première est signée par le canafdien Srul Irving Glick et l’autre par de Suisse narturalisé Américain Ernest Bloch. Reconnu en Amérique comme un enseignant, Bloch laisse sa quote-part de compositions, et en particulier un « Cycle Juif » composé entre  1912 et 1916. Le rhapsodie Schelomo pour violoncelle et orchestre forme le quatrième et dernier volet de ce cycle, complétant ainsi cet exercice au cours duquel Bloch compose des musiques emblématiques du motif Juif à un moment où l’État d’Israël n’existe pas encore.


Bonne écoute


mardi 19 septembre 2017

Les routes concertantes



Le billet suivant est un de mes Mardi en Musique pour le mois de septembre 2017.

La série Les Routes du Laitier explore le répertoire de long en large, faisant appel à nos montages et playlists du passé. Pour plus d'information, lisez la page d'infos.






Le laitier reprend le service de sa clientèle (mélomane) après une pause bien méritée. La série de feuilles de route d’aujourd’hui continue notre survol du répertoire pour grand orchestre avec une attention particulière au concerto.

Solo Vs Grosso

Le contexte qu’on associe avec le terme concerto est celui d’un soliste qui est accompagné par un ensemble. Toutefois cette formule (que j’appelle le concerto solo) est par opposition au concerto grosso développé dans la période baroque qui “oppose” si vous voulez un petit groupe d’instruments (le concertino) à un ensemble plus large (le ripieno). Cette formule, perfectionnée par MM. Händel et Corelli, se retrouve dans certains exemples plus « modernes » – pensons à des concerti pour deux ou trois instruments et orchestra (MM. MozartBrahmsBeethoven et même M. Vaughan-Williams nous viennent à l’esprit.

En passant, le terme concertino est souvent utilisé comme un terme « diminutif » laissant entendre « petit concerto ». D’autres synonymes incluent la symphonie concertante et le Konzertstücke.

Une formule gagnante

Comme une sonate ou une symphonie, un concerto est plus souvent qu’autrement étalé sur trois mouvements à caractère varié (animé-lent-animé). On retrouve la forme sonate (A-B-A) au premier mouvement, un adagio rêveur et finalement un rondo pour boucler l’aventure. Certains concerti jouent avec d’autres motifs (variations, mouvements de danse…) mais la formule sonate-adagio-rondo couvre aisément les trois quarts des concerti qu’on entend en concert.

Ce qui est tout aussi intéressant est la latitude offerte au soliste (versus le carcan qu’on impose à l’orchestre). Cette latitude se manifeste par des cadences, ou des interludes ouverts à l’improvisation qu’on retrouve souvent juste avant l’apothéose d’un mouvement. Une cadence peut durer une dizaine de mesures, ou plusieurs minutes!

Parce qu’un soliste invité (souvent un invité de marque) s’ajoute à l’orchestre, on peut suggérer que lors d’un concert d’abonnement traditionnel (typiquement compose d’une ouverture, d’une symphonie et d’un concerto), le concerto devient plus souvent qu’à son tour la pièce de résistance du concert.

Vos feuilles de route

Feuille de Route #35 - "Concertos sans soliste"

Dans notre discussion ci-haut, nous avons souligné l'évolution du concerto et avons fait la distinction entre le concerto grosso et le concerto avec soliste. VivaldiCorelliStravinski et Bartok proposent des examples [Lire notre réflexion].
Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast190-Playlist




Feuille de Route #36 - "Concertinos"

Souvent les petits pots renfermement de bons onguents… Le terme « concertino » est plus souvemnt qu’autrement utilisé comme un diminutif, afin de désigner une petite oeuvre concertante, mais le terme « petit » est bien sûr très subjectif. [Lire notre réflexion].
Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast228-Playlist





Feuille de Route #37 - "Schumann & Grieg"

Deux concerti en la mineur de deux compositeurs des plus différents: le Norvégien Edvard Grieg et l'Allemand Robert Schumann. Ces deux concerti, qui occupent la large part du montage, sont confiés au pianiste Roumain Radu Lupu. [Lire notre réflexion].
Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/Pcast037Playlist





Feuille de Route #38 - "Mendelssohn & Bruch"

Josef Suk (1929 – 2011) est issu d'une lignée impressionnante: son grand père et homonyme est le compositeur Josef Suk, et l’ arrière petit fils d'Antonín Dvořák. Suk interprète ici les concerti pour violon de Bruch et Mendelssohn. [Lire notre réflexion].
Hyperlien au menu et ã la musique: https://archive.org/details/04JosefS...inConcertoOp64





Feuille de Route #39 - " Tchaïkovski Concertant "

Cette feuille de route propose deux concerti de Tchaïkovski, extraits de ma collection vinyle: les célébrissimes premier concerto pour piano et concerto pour violon. [Lire notre réflexion].
Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast134-Playlist





Feuille de Route #40 - "Beethoven & Korngold"
Cette feuille de route propose les concerti pour violon en ré majeur de Beethoven et Korngold. [Lire notre réflexion].
Hyperlien aiu menu: https://ia601507.us.archive.org/14/i...5-Playlist.pdf





Feuille de Route #41 - "Suoni la tromba"

Notre dernier montage est consacré à la trompette, et propose l'intégrale du premier disque classique du trompettiste Wynton Marsalis, datant de 1983. [Lire notre réflexion].
Hyperlien aiu menu: https://archive.org/stream/pcast229-Playlist



mardi 12 septembre 2017

Vladimir Ashkenazy (*1937)


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 12 septembre 2017.

La Revanche du Vinyle revient après deux mois d’absence avec trois sélections dont deux sont offertes sur le disque recommandé, et la troisième provident d’un écrin de la série Time-Life qui fera l’objet d’un autre billet dans cette série le mois prochain.

A l’Insar d’André Previn qui fut l’objet d’un récent billet, Vladimir Ashkenazy (maintenant octogénaire!) est un autre de ces musiciens versatiles qui se permet le rôle de récitaliste/soliste et celui de chef (en fait, ces derniers temps, il s’exécute quasi-exclusivement dans ce rôle).

Côté formation et répertoire, Ashkenazy suit la tradition de ses collègues soviétiques Gilels et Richter. Toutefois, contrairement à eux, il opte pour un pied à terre en Occident. Cette décision fut prise non pas pour des raisons politiques ou des raisons de liberté artistiques mais plutôt pour des raisons familiales. En 1961, Ashkenazy épouse une pianiste Islandaise qui étudie à Moscou, Thorunn Johannsdottir. Celle-ci fut contrainte à renoncer sa citoyenneté Islandaise et s’engager à vivre en URSS afin qu’Ashkenazy obtienne l’assentiment des autorités. Avec une belle-famille au Royaume-Uni, la bureaucratie Soviétique devient rapidement intenable pour la famnille bourgeonnante, et en 1963, ils s’exilent à Londres. Plus tard, Asjkenazy obtiendra la citoyenneté Islandaise, et s’installera plus tard en Suisse.

La carrière de pianiste d’Ashkenazy n’a pas besoin d’élaboration; ses gravures Chopin, Beethoven et Rachmaninov sont d’une autorité indéniable. Il collabore comme chambriste et comme soliste en concerto avec plusieurs grands noms. Au début des années 1970, Ashkenazy s’aventure dans le domaine de la direction d’orchestre, à commencer avec une intégrale des concerti de Mozart (agissant comme soliste et chef du Philharmonia).  Un de ces concerti est du palmarès cette semaine.

Au podium, il sera associé avec le Royal Philharmonic et les orchestres de la société NHK et de la ville de Sydney en Australie. Le disque retenu intégralement le retrouve avec l’English Chamber Orchestra dans des pages pour petit orchestre.

Bonne écoute!


Wolfgang Amadeus MOZART (1756-1791)
Concerto pour piano no.21 en ut majeur, K.467 ('Elvira Madigan')
Philharmonia Orchestra
Vladimir Ashkenazy, dirigeant du clavier
Time Life Records ‎– STL M01 (Disque 2, Face B, 1973)



Richard WAGNER (1813-1883)
Siegfried Idyll, WWV 103
Arnold SCHOENBERG (1874-1951)
Verklärte Nacht pour orchestra à cordes (1917; arr. du sextuor, op.4)
English Chamber Orchestra
Vladimir Ashkenazy, direction
Decca ‎– 410 111-1 (DDA, 1984)


vendredi 8 septembre 2017

Johann Nepomuk Hummel (1778-1837)





Ce billet B + B propose notre montage # 258. Pour l'écouter, il suffit d'utiliser le lecteur Pod-O-Matic intégré au billet.



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Le B+B de cette semaine vous propose trois des huit trios pour piano, violon et violoncelle de Johann Nepomuk Hummel, un personnage quelque peu négligé aujourd’hui, mais hautement reconnu et respecté par ses contemporains.

Hummel dont le père était directeur du Manège Militaire Impérial, a une carrière en plusieurs temps. Jeune musicien, certains dissent qu’il était l’élève préféré de Mozart (avec qui il vivra pendant deux ans). Il parfait sa formation avec les grands musiciens de l’heure: Clementi, Haydn, Albrechtsberger et Salieri. Il compte Beethoven comme un confrère de classes et ami (même si leur liaison a eu ses hauts et ses bas). C’est d’ailleurs alors qu’il s’exécute lors d’un concert-hommage à Ludwig qu’il fera la connaissance de Franz Schubert, qui lui dédit ses trois dernières grands sonates pour piano!

Pendant sept ans (1804-11) il sera, comme son maître Haydn, au service de la Cour du Prince Esterházy, et succèdera à son maître comme Kapellmeister après son décès en 1809. Cet épisode, relativement bref, semble être celui pour lequel on doit la notoriété durable de Hummel. Toutefois, c’est son apport au piano (comme interprète-virtuose et comme pédagogue), et sa longue liste d’émules illustres – Carl Czerny, Friedrich Silcher, Ferdinand Hiller, Sigismond Thalberg, et Adolf von Henselt – qui devrait mériter cette distinction. Son jeu (et ses compositions) ont influence Chopin, Schumann et même Franz Liszt (qui choisira Czerny plutôt qu’Hummel comme tuteur, car ce dernier lui aurait coûté trop cher!).

Deux œuvres de jeunesse figurent au programme (la première et dernière sélection). Le rondo « favori » est en fait une mini-sonate avec deux sections distinctes. Le premier trio pour piano, composé durant la même période, présage les ouvrages similaires de Beethoven et Mendelssohn. Les deux autres trios retenus, des compositions « matures », furent composés entre 1799 et 1820.


Bonne écoute!


mardi 5 septembre 2017

Tchaïkovski perdu et retrouvé


Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 5 septembre 2017.

En septembre, j’ai prévu deux billets dans le cadre de ma série Intégralement Vôtre, qui souligne des albums disponibles intégralement sur YouTube.

Le billet d’aujourd’hui propose l’écourte d’une réédition de la série Philips Duo (enregistrements analogiques datant de 1964-74) proposant huit pièces pour orchestre de Tchaïkovski intitulé « Complete Tone Poens ». Le titre est quelque peu trompeur; il y a ici l’essentiel des poèmes symphoniques du compositeur, mais inclut aussi deux de ses fantaisies et ce que je considère un complément de programme avec « L’année 1812 ».

Le billet d’aujourd’hui propose quatre des huit plages de cet album de deux compacts; j’entends discuter des quatre autres dans un autre billet l’an prochain.

Si vous ne l’avez pas encore fait, je vous recommande de visiter le site « Tchaikovsky Research ». C’est une ressource Wiki très étoffée qui couvre l’homme et son œuvre, et commente ses compositions à l’aide de citations provenant de ses nombreuses lettres à une panoplie de correspondants – famille, amis, confrères et mécènes.

Une visite de la page consacrée à son œuvre orchestrale (en fait, appelons-les ses œuvrespour orchestre en un seul mouvement) nous permet d’identifier trois œuvres qui reçoivent des numéros d’opus post-Pathétique (opp. 76, 77 et 78) donc « posthumes ». Le commentaire du site à propos de ces trois œuvres révèle une tendance commune que je résume en ces mots :

Après la première le compositeur, déçu, détruit la partition, mais après son décès elle est reconstruite et publiée posthumément.

L'Orage (en russe : Groza) est une pièce d'Alexandre Ostrovski écrite en 1859. Elle a connu un grand succès dès la première adaptation au Théâtre Maly et inspiré à son tour plusieurs œuvres notamment l'opéra Katja Kabanova de Janáček et ce poème symphonique de Tchaïkovski (ne pas confondre avec La Tempête, op. 18., après Shakespeare). L’orage est la première œuvre orchestrale d’envergure du compositeur, alors étudiant au Conservatoire de St-Pétersbourg et complétée pendant des vacances en 1864. Outré par la critique de la partition par le directeur du Conservatoire, cette ouverture ne fut jamais entendue en public du vivant de Tchaïkovski – elle fut créée en mars 1896 lors d’un concert dirigé par Glazounov.

Fatum (trad. Lit. le destin) fut composé suite aux encouragements de Mili Balakirev entre les mois de septembre et décembre 1868, et se veut la première soi-disant « fantaisie orchestrale » du compositeur. La Société Musicale Russe commandite deux prestations de Fatum. La première à Moscou (sous Nicolai Rubenstein) satisfait Tchaïkovski, mais la seconde à St-Pétersbourg un mois plus tard (sous Balakirev) est une déception. La correspondance entre Tchaïkovski et Balakirev entre février et mai 1869 renferme des critiques virulentes de la part de ce dernier, et Tchaïkovski détruit la partition qui sera reconstruite plus tard depuis les feuilles de musique des annales de la Société. Sir Henry Wood dirigera la re-création à Londres en 1899.

Le Voïévode (encore une fois, ne pas confondre avec l’opéra du même nom, op. 3) est une ballade symphonique composée de septembre 1890 à septembre 1891 et jouée pour la première fois (sous la direction du compositeur) le 18 novembre 1891 à Moscou lors d’un concert organisé par son confrère Aleksandr Ziloti . L'œuvre est basée sur la traduction d'Alexandre Pouchkine du poème d'Adam Mickiewicz. C'est la première œuvre dans laquelle Tchaïkovski emploie le célesta, instrument qu'il réutilise l'année suivante dans Casse-Noisette. Après la première, Tchaïkovski, déçu, détruit sa partition autographe; toutefois, anticipant la manœuvre du compositeur, Ziloti s’accapare les feuilles de musique et les garde chez-lui! Tchaïkovski reprit la partie centrale de l'œuvre et l'arrangea pour le piano en l'intitulant Aveu passionné.

Pour compléter le partage de cette semaine, j’ai ajouté Francesca da Rimini.

Bonne écoute!



Pyotr Ilyich TCHAIKOVSKI (1840-1893)

  • L’orage, op. 76 [TH 36]
  • Fatum, op. 77 [TH 41]
  • Le Voïévode, op. 78 [TH 54]

Radio-Sinfonie-Orchester Frankfurt
Eliahu Inbal, direction

Francesca da Rimini, op. 32 [TH 46]
New Philharmonia Orchestra

Igor Markevitch, direction



Album complet - https://www.youtube.com/playlist?lis...m8jgnQg05sPU_c

mardi 29 août 2017

André Previn (*1929)




Le billet suivant est mon Mardi en Musique du 29 août 2017 .
Notre montage # 257 est disponible pour écoute et téléchargement depuis la chaîne Community Audio du site Internet Archive à l'adresse suivante: https://archive.org/details/pcast257


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Les signes avant-coureurs de l’automne se manifestent chez moi: le soleil n’est plus au rendez-vous lorsque je quitte la maison tôt le matin, notre fille cadette prépare ses valises pour la rentrée à l’uni la semaine prochaine… Temps de reprendre le collier et de partager mes réflexions hebdomadaires du mardi.

Le billet de cette semaine est un de mes montages proposés le mardi une fois par trimestre, et son sujet recoupe des partages récents autour de chefs d’orchestre qui ont plus d’une corde à leurs arcs. Récemment dans mes partages du vendredi j’ai mis en lumière Igor Markevitch et René Leibowitz, deux chefs qui étaient également des compositeurs.
L’artiste-vedette du montage d’aujourd’hui est non seulement chef et compositeur, mais également un pianiste qui a laissé sa marque et dans le classique et dans le jazz, et dont le cheminement est quand même assez particulier.


André Previn (pas d’accent dans le nom de famille, j’ai vérifié!) est né à Berlin et s’installe avec sa famille en Californie alors que la Deuxième Guerre Mondiale fait rage en Europe. L’oncle de la famille s’y était réfugié quelques années auparavant, et est directeur musical pour les studios de cinéma Universal. Son père, avocat de formation mais loin d’être à l’aise en anglais, subvient aux besoins de la famille en donnait des leçons de piano et encourage son fils dans sa propre formation musicale. Au cours des années, Previn s’investit dans le piano, prend des leçons privées en théorie et composition avec Mario Castelnuovo-Tedesco et (plus tard) avec Pierre Monteux en direction d’orchestre.

Encore adolescent, Previn s’intéresse au jazz, et travaillera dans le réseau des studios Hollywoodiens comme arrangeur et compositeur, culminant avec un contrat permanent avec le studio MGM à 18 ans! Il roulera sa bosse chez MGM pendant une quinzaine d’années avant de diriger des orchestres en concert – musiques de films et concerts populaires au début, mais assez rapidement, il s’associera avec des orchestres Européens (à Londres surtout) afin d’entreprendre une carrière de chef à temps plein, continuant ses activités de compositeur et de pianiste à l’occasion.

Aujourd’hui, Previn est établi comme un spécialiste du répertoire néoromantique et moderne, et compose des commandes de la part d’artistes des deux côtés de l’Atlantique. Les enregistrements retenus au montage  incluent une paire de concerti dirigés du clavier – un Mozart et le Concerto en fa de Gershwin, et, en complément de programme, une série de ses miniatures pour piano solo datant des années 1970.


Bonne écoute!


 

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